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En tout cas, pas pour tout le monde…

Matt Semel, nouveau venu de la blogosphère de la défense US propose de réaliser un recueil des “bonnes pratiques d’interrogatoires” (sic) en s’appuyant sur une méthodologie similaire à celle des études de Kassin et Al.  réalisées avec les unités de police.

   

En provenance de son blog baptisé HUMINT, voici quelques morceaux choisis extraits du résumé de son étude qui me paraissent pertinent.  

Les participants seront invités à s’auto-évaluer sur six aspects de leur travail:

(1) leur capacité à détecter la vérité ou la dissimulation;

(2) pour les interrogateurs militaires, leurs propres opinions sur leurs pratiques, et plus spécifiquement en ce qui concerne les treize approches génériques de l’interrogatoire préconisées et autorisées par l’US Army Intelligence Manuel;  

(3) l’importance de la construction d’un rapport pour extraire des informations à partir d’un thème;

(4) l’applicabilité des techniques légales à des interrogatoires de terroristes;

(5) la fréquence, la durée et le calendrier de ses interrogatoires;

(6) la formation, et

(7) leurs observations (…) le recourt à la torture ou à des techniques non approuvées au cours des interrogatoires et, si oui, avec quelle fréquence.

Son objectif serait de discriminer les méthodes empiriques qui fonctionnent contre celles qui auraient peu de valeur.

Cette étude permettra de commencer à faire la lumière sur les pratiques actuellement utilisées par les agents chargés de la lutte anti-terroriste et par les personnels de l’armée des États-Unis.

La méthodologie semble sérieuse, et les intentions probablement louables mais qu’en sera-t-il de celles des personnels auditées ?

Une nouvelle année commence ! Je profite de cet instant privilégié pour prendre un moment pour vous souhaiter à tous mes meilleurs voeux pour 2009. 

Je tenais à vous remercier de m’avoir lu en 2008. J’ai énormément apprécié le fait de développer notre petite communauté autour de petits problèmes pratiques.

J’ai vraiment pris du plaisir à lire vos messages de soutien et à constater votre implication au fur et à mesure de vos commentaires.

Comme nous changeons d’année, j’ai pensé que cela serait sympathique de faire une rétrospective sur le thème : quels sont les dix articles les plus marquants ? Je me suis basé sur les statistiques de fréquentation.

  1. Les embuscades en Afghanistan en 10 leçons
  2. Analyse photo (6)
  3. Analyse d’une photo (2)
  4. Comment rater son recrutement ?
  5. Analyse d’une photo (4)
  6. Guide des roquettes RPG-7
  7. Exosquelette pour commandos ?
  8. Technique de mémorisation
  9. Analyse d’une photo
  10. Analyse d’une photo (3)

Avec de bonnes vidéos !

 

Aprés avoir été aussi négatif avec les choix de communication du ministère de la Défense ukrainien dans mon article sur comment rater son recrutement, j’étais dans l’obligation morale de compenser…

Habituellement, je fais des liens vers des vidéos uniquement lorsque celles-ci ont un interêt pédagogique, voire historique. L’unique exception à cette règle, est quant elles mettent en avant les valeurs fondamentales du Métier.

Certes, nous sommes assez loin du parcours du combattant des Royal Marines, mais c’est la plus belle compilation maison qui m’a été donnée de voir sur le sujet… 

Cette compilation de vidéos de recutement de l’armée britannique de quatre minutes est très bien montée. Toutes les incrustations graphiques ont été soigneusement nettoyées. La bande son originale a elle aussi été remplacée.

La musique convenue, entrecoupées des habituelles exclamations qui vont bien, a été avantageusement remplacée par Requiem for a Dream, en version  instrumentale; ce qui constitue une habile mise en abyme du film éponyme.

Le percutant message de fin “we do bad things to bad people” est signé British Army… Un horion partisan donné au spectateur qui veut bien le prendre ! Le secret résiderait-il dans des séquences filmées à hauteur d’homme appuyées par une bonne musique ?

Analyse photo (6)

Information ou désinformation ?

Parfois ce que nous lisons dans les médias n’incite pas à un optimisme débordant au sujet de “l’afghanisation ”du conflit. Du fait de la barrière de la langue, certaines informations ne nous parviennent pas forcément. Grâce à un contributeur, nous avons pu dénicher cette dépêche.

KABOUL, 1er sept 2008 (xxx) – Des mercenaires qui escortaient un convoi à Kaboul ont fait aujourd’hui au moins trois blessés.  Un homme cagoulé a ouvert le feu, blessant trois policiers récemment formés par les italiens, sur une importante artère du nord-est de la capitale, a expliqué le chef de la brigade criminelle de Kaboul, Ali Shah  Paktiawal.

xxx 01092008

Un confrère du journaliste présent sur place, a pu prendre, discrètement, la seule la seule photo de cet incident. Ce cliché montre un de ces hommes gardant une citerne d’eau potable temporairement immobilisée. Selon différents témoins, ces mercenaires avaient un fort accent étranger.

 

Dans les rues de Kaboul, on murmure “une réponse logique à l’emploi des mercenaires à la solde des occidentaux” (sic)… Pour éviter de donner trop de crédit aux rumeurs, cette dépêche ne sera peut être jamais publiée.

Pourquoi ce mercenaire fait-il des entailles sur son arme ? Quel renseignement pouvez-vous tirer de ces quelques informations ? Comment classeriez-vous celui-ci; en fonction de sa fiabilité et de sa crédibilité ?

Les engins explosifs improvisés sont baptisés ainsi car ils ne sont pas fabriquées industriellement. Quelque soient leurs noms, n’oubliez jamais que leurs emplacements ne devront rien au hasard :

1. Méfiez-vous des passages naturels.

  • Surtout des voies d’accès prévisibles : les routes, sentiers…  Ce sont des endroits classiques pour piéger.
  • Et de tout objet qui vous inciterai à passer à un endroit déterminé : comme un tronc abattu au milieu du chemin.

2. Devenez un vrai enquêteur.

  • Détecter des preuves matérielles : de la terre retournée, un fil piège…
  • Si un fil piège est visible : prudence. Ce n’est pas parce que vous voyez un fil que vous êtes tiré d’affaire…
  • Repérez les pistes formées par des empreintes de pas qui vont et viennent de la zone de laquelle vous vous dirigez . Les dispositifs d’alarme requiert une maintenance régulière.

3. Traitez les erreurs de camouflage comme une menace.

  • Ne prenez jamais à la légère les erreurs de camouflage. Détectez les objets arrangés : une pile de feuilles là où il y en a pas d’autres aux alentours; des empreintes d’objets récemment déplacés comme des bûches, rochers…
  • Repérer les objets brillants ou colorés  : parfois le temps manque pour camoufler efficacement.
  • Soyez vigilant sur les odeurs de produits pétroliers :solvants, essence…

4. Ne touchez à rien… Ne touchez jamais à rien.

  • Ne touchez pas n’importe quel objet abandonné : caisse en bois, magazines qui vont bien, documents récupérables…
  • Ne touchez surtout pas les objets qui ne sont pas sensé se trouver là : bidons, pièces d’équipement, armes…

5. Fiez-vous à votre intuition !

  • N’importe quoi qui ne paraitrait pas à sa place doit être traité comme si il était piégé.
  • Si quelque chose ne va pas, c’est probablement le cas…

Une méthode pour rester toujours opérationnel.

Les missions d’observations sont toujours longues. Il est vital de ne pas laisser sa vigilance être diminuée par l’ennui. Cette monotonie se combat avec une méthode d’observation active. Imaginons que votre équipe a pris position dans une maison et a pour mission d’observer le secteur suivant.

Dans un premier temps, vous devez diviser votre champs d’observation en trois secteurs distincts. Comme le montre le schéma ci-dessous, ceux-ci correspondent à des ensembles d’éléments que vous percevez à une distance proche, moyenne ou éloignée.

Dans un deuxième temps, Vous allez les étudier successivement de façon plus approfondie. Dans chaque zone, identifiez des secteurs caractéristiques, et plutôt que de leur attribuer un nom, vous essayez de les décrire avec une courte phrase. Avec les secteurs visibles de notre exemple, vous pourriez dire :

  1. Le sablier et sa pyramide de gravats.
  2. La cabine de navire à trois fenêtres.
  3. Le domino double quatre.
  4. Une étoile verte à quatre branches.

Continuellement, vous balayez chaque secteur de chaque zone, une zone après l’autre, en essayant à chaque fois de trouver une autre courte description pour améliorer celle que vous avez déjà fait en cherchant de nouveaux détails…

Au bout de trois “balayages” vous aurez la photographie de votre secteur d’observation parfaitement mémorisée. Au fur et à mesure de ces balayages, vous serez en mesure de détecter les plus infimes changements : couleur des feuilles, un peu de poussière déplacée sur un balcon…

Avez-vous encore des excuses pour expliquer la diminution de votre vigilance opérationnelle ?

Partout où vous irez, vous les rencontrerez…

A force de toujours côtoyer le même type de munition, vous pourriez être amené à oublier l’existence des autres roquettes disponibles pour le RPG7.

J’ai essayé de représenter, ci-dessous, les munitions modernes disponibles et utilisées pour le RPG-7 que vous serez susceptible de rencontrer. En regard de chaque roquette,  une vue éclatée vous permet de comprendre d’un seul coup d’oeil son fonctionnement.

Munitions    Calibre (mm)    Poids (kg)    Portée (m)    Production
PG-7VM              70,5                    2                     500               1961
PG-7VS                72                       2                     500               1973
PG-7VL                93                       2,6                  300               1977
PG-7VR              105                      4,5                   200               1988
TBG-7V              105                      4,5                   800               1988
OG-7V                 40                       2                     350               1999

Les roquettes pour le RPG-7 sont habituellement pourvues de charges à têtes creuses. Néanmoins, au fil de son déploiement opérationnel, de nouvelles munitions ont vue le jour…

La roquette PG-7VR est une intéressante réponse au problème de la neutralisation des positions de combat en localité. En effet, elle peut pénétrer aisément des murs en béton armés grâce à ses deux charges creuses placées en tandem.

L’expérience russe a montrée que la roquette thermobarique TBG-7V a un effet incapacitant dans un rayon de deux mètres même si les personnels sont correctement protégés.

Les roquettes de type OG répondent aux problématiques d’engagement de personnels non retranchés. En effet, si un tir de RPG a un effet dissuasif certain, sa charge creuse habituelle n’est pas efficace contre du personnel en déploiement.

Ce mini-guide vous-a-t-il aidé à identifier des roquettes pour le RPG-7 ?

Pour rendre invisible sa position…

Grâce aux optiques modernes, le choix d’un poste d’observation dépend plus de la qualité des optiques disponibles que des moyens de camouflage.

Néanmoins, vous êtes toujours contraint d’arbitrer entre mobilité, charge à emporter et protection apportée. Voici, selon moi, la liste des meilleurs outils de camouflage.

Petit filet textile

Idéal pour camoufler le trou d’observation, vous pouvez aussi l’utiliser pour votre propre camouflage ou comme écharpe.

Du grillage

Sa rigidité permet de lui donner une forme adaptée au terrain. Ses trous permettent de disposer mottes de terre et autres plantes et branches…

Scie pliable

Pour avoir un bon toit de 50 cm au dessus de la tête, les arbres sont des articles de choix. Pour des raisons évidentes, la tronçonneuse est pas une option.  Ainsi, pour pouvoir les transformer il faut une scie.

Un sécateur

Il permet de couper des arbustes ou des branches. Idéal, pour rafraîchir le camouflage lors de mission d’une durée moyenne.

Filet de camouflage

Vous pouvez faire varier sa couleur en fonction du terrain. Vous l’associerez à des mini sandows pour faciliter son déploiement.

Pelle pliante

Une pelle est indispensable pour creuser, gérer les gravats et les opérations de maintenance du poste.

Cette bonne vieille bacha

Une bâche camouflée, permet d’assurer un minimum de protection contre les intempéries.

Sacs en polypropylène

Permet de stocker les gravas provenant de vos travaux d’excavation,  les ordures et de vous éviter l’inondation en cas d’important ruissellements.

Pensez-vous que cette liste aurait besoin d’être complétée ?

Analyse photo (5)

Il est indéniable que les engins non explosés sont un danger mortel dans les zones d’engagement. Toutefois, leur perception est très variable selon les intervenants.

Les engins non explosés sont une réelle pollution pour la population locale, entravant souvent le développement économique.  Ils sont généralement le quotidien d’un militaire sur zone. Pour les concepteurs d’engins explosifs improvisés, ils sont un approvisionnement en matière première bon marché.

Il est impossible de percevoir le vrai du faux sans risquer sa vie. Heureusement, l’étude documentaire et de dispositifs inertes permet de se familiariser sans risque inutile. Ce matin, une famille de locaux a trouvé quelque chose dans son jardin.

Essayons de nous représenter la situation. Au cours d’une patrouille dans une zone résidentielle, vous constatez que le petit parc que vous connaissez bien a été doté d’un nouveau mobilier urbain pour le moins inattendu.

De plus, vous noterez que la population civile se tient à bonne distance, malgré l’absence d’une quelconque  signalétique.

Dans cette hypothèse, vous avez bien évidement fait preuve de votre bon sens légendaire : vous n’avez rien touché, vous avez balisé de la façon la plus explicite possible la zone et bien entendu vous avez rendu compte à l’autorité compétente…

Ces photographies vous font peut-être penser à une mauvaise blague d’une voisine, voire à l’œuvre d’un artiste démobilisé, ou peut-être que vous trouvez que les taupes sont plutôt grosses cette année… Quelle est votre analyse de la situation ?

Indispensable prise de risque,

Ces entraînements sont une composante essentielle de la préparation des combattants : parcours de tir, tirs d’ambiance ou encore d’exercices réalisés complètement à balles réelles tels que la reconnaissance d’une plage…

Débarquées à un demi kilomètre du rivage, les équipes danoises gagnent la plage à la force des palmes : Alpha (A) assure la prise de l’objectif et l’équipe Bravo (B) l’appuie.

Bravo reconnait le chemin côtier, zone d’exfiltration potentielle. La vitesse d’exécution est primordiale : l’unité dispose de douze minutes maximum pour sécuriser cette plage.

Alpha traite les personnels, on distingue bien l’impact des échanges entre le FKP et le SBS : entraînement systématique à balles réelles et melons simulant une tête sur des mannequins habillés en civil, pour éviter les hésitations. La destruction du fruit valide les tirs, personnels traités.

Ensuite, la zone assignée est sécurisée avec reconnaissance du bâtiment peuplé avec des personnels à traiter, d’autres à exfiltrer. La précision doit toujours être au rendez-vous après 500m avec les palmes à fond les ballons.

Le schéma tactique de cette opération montre quelques limitations importantes. La moindre erreur de votre camarade est mortelle. Un mannequin par définition n’est pas très mobile…

La mise en oeuvre d’armes de guerre implique de limiter le risque de balles perdues. Ici une petite falaise fait parfaitement l’affaire. Néanmoins, cela limite aussi la taille du terrain d’exercice.

Faut-il priviliégier le travail des automatismes d’une équipe quitte à rogner sur les dimensions des exercices ? Qu’en pensez-vous ?

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